C I N É M A C A R T I E R
Like Someone In Love
(v.o. ang. s.-t. fra.)
Leviathan
(v.o. sans dialogue)
Lore
(v.o. all. s.-t. fra.)
Gatsby le magnifique (1974)
(v.o. ang. s.-t. fra.)
Le quatuor
(v. fra.)
Hyde Park On Hudson
(v.o. ang. s.-t. fra.)
Hemingway et Gellhorn
(v.o. ang. s.-t. fra.)
Barbara
(v.o. ang. et ita s.-t. fra.)

OSLO, 31 AOÛT (v.o. danoise avec s.-t. français)
Danemark 2012. Drame de Joachim Trier. Avec Anders Danielsen Lie, Hans Olav Brenner, Ingrid Olava et Oystein Roger. Durée: 1h36.

C’est le dernier jour de l’été et Anders va bientôt terminer une thérapie dans un centre de désintoxication situé à la campagne. Un matin, il est autorisé à se rendre à Oslo pour une entrevue d’embauche. Profitant de cette permission, il erre dans la ville, rencontre des gens qu'il n'a pas vus depuis longtemps. Anders est troublé par les opportunités qu'il a gâchées, les gens qu'il a déçus. La journée avance, une longue nuit s'annonce: les erreurs du passé vont susciter les pensées de la possibilité de l'amour, d'une nouvelle vie, et peut-être l'espoir d'imaginer un avenir d'ici le matin.

Adaptation libre du roman culte de Pierre Drieu La Rochelle, Le Feu Follet, OSLO, 31 AOÛT parle du désoeuvrement de ceux qui doivent bien s’admettre que beaucoup de temps a passé et qui ont l’impression de n’avoir rien fait de leur vie. Œuvre forte sur la solitude, ce deuxième film de Joachim Trier dresse le portrait d’un homme qui, coincé dans le décalage avec le monde qui l’entoure, cherche un sens à son existence en tentant de contacter ceux avec qui, jadis, il se berçait d’illusions mais qui, depuis, contrairement à lui, se sont rangés. D'une lucidité perçante, cette histoire d’un type tentant de se redéfinir, dans l’urgence, profite de moments d’intensité rares en des scènes dialoguées que seuls les scandinaves sont capables d’écrire. Les échanges nomment précisément l’émotion, la rendent encore plus révélatrice jusqu’à ce qu’elle dévoile les secrets que les personnages recèlent. Son héros au bord du vide est du genre inoubliable, de celui dont on reconnaît quelques traits puisque nous lui avons tous un peu ressemblé, en certains instants paniques de grande incertitude, ne fut-ce qu’une seconde, ou deux...

J’ai toujours été fasciné d’observer la vie des gens issus de la classe moyenne. Les différents destins qui se jouent autour de moi ont toujours éveillé ma curiosité. Les amis que j’avais ont pris des trajectoires différentes. Certains sont devenus toxicomanes, d’autres, au contraire, ont fait de brillantes carrières. De grands drames se sont donc joués dans leurs vies quant aux choix qu’ils ont pu faire. Je suis un réalisateur regardant les choses d’un œil critique, et réalise des films sur des gens en apparence heureux et privilégiés. On dit que la vie en Norvège est si facile qu’il n’y a du coup rien à en raconter, que nous n’avons pas de conflits. Évidemment, c’est absolument faux.

- Joachim Trier

Du 2 au 8 novembre
10h00 - 16h00