C I N É M A C A R T I E R

Bruegel, le moulin et la croix
(v.o. all. s.-t. fra.)
Girl Model
(v.o. rus., ang. et jap. s.-t. fra.)
Albert Nobbs
(v.o. ang. s.-t. fra.)
Jiro rêve de sushi
(v.o. jap. s.-t. fra.)
Gianni et les femmes
(v.o.. ita. s.-t. fra.)



MIRAL (v.o. anglaise avec s.-t. français)
France-Israël-Italie-Inde 2010. Drame de Julian Schnabel. Avec Freida Pinto, Hiam Abbass, Willem Dafoe, Asma Al Shiukhy. Durée : 1h52.

Jérusalem à la fin des années 40. Une femme nommée Hind Husseini fonde un orphelinat politiquement indépendant, afin d’abriter des orphelins ou des enfants abandonnés. Elle leur redonne de l’espoir en s’occupant d’eux tout en faisant abstraction de leur origine, qu’ils soient israéliens ou palestiniens. Trente ans après sa création, Hind se voit accueillir une petite nouvelle, Miral, 7ans, une jeune palestinienne pleine de vie, qui vient de perdre sa mère. Dix ans ont passé et Miral se retrouve à l’heure des choix : s'engager dans le conflit israélo-palestinien par la voie de la violence, ou toujours croire aux principes fondamentaux que lui avait enseigné Hind, voulant que seule l'éducation d'un peuple peut mener à la paix.

Plus un survol qu’une analyse en profondeur du conflit israélo-palestien, MIRAL se veut avant tout le récit d’un destin, celui d’une jeune femme dont l’histoire est l’adaptation du roman autobiographique éponyme de Ruba Jebreal. Après LE SCAPHANDRE ET LE PAPILLON, Julian Schnabel retrace le parcours de son héroïne avec le style qu’on lui connaît. Schnabel est d'abord et avant tout un peintre, et plus que par de grands et longs discours, c'est par son art pictural, par ses images sublimes, qu’il exprime ses sentiments.

MIRAL parle d’éducation, d’amour, des gens et de l’espoir. Le film adopte le point de vue d’une jeune Palestinienne qui grandit dans un pays en guerre et évoque ses expériences, ses émotions, et ses rapports aux autres. En toile de fond de son histoire, on perçoit la complexité politique du Proche-Orient, depuis la naissance de l’État d’Israël en 1948 jusqu’aux espoirs suscités par les accords de paix d’Oslo en 1994 – mais c’est un récit totalement personnel. Il y a tant de points de vue divergents et contradictoires sur l’histoire de cette région que je me contente d’adopter le regard de Miral. Je ne suis pas un homme politique. Je suis un artiste. Ce n’est pas un pamphlet. Il s’agit d’un appel à la paix. J’ai été tellement bouleversé par la force émotionnelle et la dimension humaine du livre de Jebreal que je me suis dit qu’il fallait absolument que je le porte à l’écran. L’histoire personnelle de Miral est un mélange de plusieurs histoires racontant l’Histoire complexe de la région. En s’attachant au parcours des femmes du film, on comprend le cheminement du conflit. Hind, Nadia et Fatima sont en quête, chacune à sa manière, de justice et de réconciliation.

En tournant ce film à Jérusalem, moi, Juif américain, j’ai découvert un monde et j’ai été amené à travailler dans des décors naturels que peu de gens ont vu au cinéma. Ce que j’y ai vu, c’est un combat entre humanité et idéologie dans lequel la société civile est prise en otage, d’un côté comme de l’autre. C’est le vrai sujet du film. Miral grandit dans ce monde chaotique où elle tente de survivre, de s’instruire, de nouer des liens et, en fin de compte, de s’engager totalement dans la voie de la paix.


- Julian Schnabel

Du 13 au 19 janvier
15h00

Du 20 au 26 janvier
14h50

Du 27 janvier au 2 février
15h00

Du 3 au 9 février
10h00
DERNIÈRE SEMAINE