C I N É M A C A R T I E R

Miral
(v.o.
ang. s.-t. fra.)
Laurentie
(v.o. fra.
)



LOOKING FOR ERIC (v.o. anglaise avec s.-t. français)
Grande-Bretagne – France – Italie – Belgique 2009. Comédie de Ken Loach. Avec Steve Evets, Eric Cantona et Stephanie Bishop. Durée :1h59.

Eric Bishop, postier à Manchester, traverse une mauvaise passe. Sous son nez, ses deux beaux-fils excellent dans des petits trafics en tous genres, sa fille lui reproche de ne pas être à la hauteur et sa vie sentimentale est un désert. Malgré la joyeuse amitié et la bonne humeur de ses collègues postiers qui font tout pour lui redonner le sourire, rien n'y fait... Un soir, Eric s'adresse à son idole qui, de l’affiche sur le mur de sa chambre semble l'observer d'un oeil malicieux. Que ferait à sa place le plus grand joueur de Manchester United ? Eric en est persuadé, le King Cantona peut l'aider à reprendre sa vie en main...

Hilarant, émouvant et inattendu, LOOKING FOR ERIC est à l'image de sa vedette. Complexe, sensible, poétique et étonnant, le dernier film de Ken Loach rompt donc avec la gravité d'UN MONDE SANS FRONTIÈRES, s'avérant d'une richesse et d'une énergie communicatives.

La collaboration entre Ken Loach, Paul Laverty (son scénariste fétiche) et Eric Cantona pouvait laisser présager bien plus qu’un coup médiatique, au vu de l’inspiration constante du réalisateur anglais. LOOKING FOR ERIC ne déçoit pas. Bien au contraire, l’œuvre apparaît comme l’un des sommets du cinéma de Loach. On sait depuis KES et FAMILY LIFE que l’auteur affectionne les sujets « sociaux », revendiquant l’héritage de la grande tradition réaliste anglaise, tout en se refusant à une approche strictement naturaliste. Cet opus ne déroge pas à la règle, et Loach n’est jamais meilleur que lorsqu’il filme au plus près les désarrois de ses personnages, à l’instar de ce postier dépressif dont les états d’âme sont captés au plus près du grain de la pellicule. En outre, depuis RIFF-RAFF, Loach donne à ces récits une tonalité humoristique qui n’apparaît pas comme la simple politesse du désespoir. Il suffit d’entendre les aphorismes d’Eric Cantona et de regarder une désopilante séance de relaxation psychologique entre potes pour s’en convaincre. Quant à la séquence finale d’assaut de l’équipe de foot dans la villa d’un dangereux malfrat, elle restera dans les annales du comique loufoque. À ceux qui objecteront que Loach fait toujours le même cinéma, on répondra que cela est la marque des plus grands et que le réalisateur ne se répète pas pour autant.

Du 27 août au 2 septembre
13h00 - 19h35

Du 3 au 9 septembre
17h20

Du 10 au 16 septembre
22h00