DOUCE CONTRÉE (v.o. anglaise avec s.-t. français)
États-Unis 2005. Drame de Ali Selim. Avec Elizabeth Reaser, Alan Cumming, Lois Smith, John Heard et Ned Beatty. Durée : 1h50.
Minnesota, années 20. Fraîchement arrivée aux États-Unis pour épouser Olef, un fermier d’origine norvégienne qu’elle n’a jamais rencontré, la jeune Allemande Inge ne reçoit pas, des gens de la localité où elle va s’établir, l’accueil qu’elle avait espéré.
Mais DOUCE CONTRÉE débute véritablement dans les années 60, par la mort d'une vieille dame. Son petit-fils, devenu adulte, qui veillait jusque là sur elle, devra décider s’il vendra ou non la terre de ses ancêtres pour laquelle il a reçu une offre faramineuse. Le récit continue alors par un retour en arrière qui ramène l’action dans les années qui suivirent la Premième Guerre mondiale, au sein d'une communauté de colonisateurs norvégiens. Les hommes y sont plus nombreux que les femmes. D'où l'arrivée de femmes «recrutées» en Europe. C'est le cas de Inge, qui arrive en Amérique sans savoir un mot d'anglais. Et qui, découvrent les habitants du village, ne parle qu'allemand. On comprend vite qu'elle est la grand-mère de l'homme en deuil du début.
Une histoire de petites gens, simplement, qui n’ont qu’eux-mêmes et leurs valeurs pour rendre viable leur destin de labeurs. Mais il ne faut s’y tromper, il n’y a aucun misérabilisme dans DOUCES CONTRÉES, il y a plutôt que des personnes humbles, mais fières et dignes, qui ont l’âme de défricheurs d’un pays en devenir. Et il y aussi l’histoire d’un amour qui avait tout pour ne pas durer, ni même naître, et qui pourtant aura traversé le temps, et au-delà.
L’histoire est très simple et spéciale à la fois. Unique et semblable à bien d’autres aussi. Will Weaver, l’auteur de la nouvelle d’où elle origine, m’a dit qu’après l’avoir écrite, il s’est mis à pleurer car il savait que c’était une histoire forte et poignante. Pourtant, quand je l’ai lue, il y a plusieurs années, j’ai un peu levé le nez dessus en me disant que ce serait facile d’en faire un film. Un couple de vieux et un couple de jeunes. Quelques rayons de soleil, des paysages à coupler le souffle et voilà, ce serait vite fait ! Cela m’aura pris quand même une quinzaine d’années pour en venir à bout...
- Ali Selim