C I N É M A C A R T I E R

Le concert
(v.o.
fra.)
Looking for Eric
(v.o. ang. s.-t. fra.)
Martin Luther
(v.o.
ang. s.-t. fra.)
Amelia Earhart
(v.o. ang. s.-t. fra.)
Douce contrée
(v.o. ang. s.-t. fra.)

CONVERSATIONS AVEC MA MÈRE
(v.o. espagnole s-t. fra.)

Argentine 2004. Comédie dramatique de Santiago Carlos Oves. Avec Eduardo Bianco, China Zorrila, Ulises Dumont et Silvina Bosco. Durée: 1h30.

Bien qu'ils soient mère et fils, tout les oppose. Elle est une vieille dame de 82 ans se débrouillant toute seule et vit sa vieillesse avec dignité dans un appartement en ville que lui prête généreusement son fils. À 55 ans, Jaime a tout pour être heureux : marié et père de deux enfants, il mène un train de vie confortable dans sa jolie maison de banlieue. Mais le jour où il perd son emploi, tout s'écroule. Sous les pressions incessantes de son épouse qui ne veut pas perdre son rythme de vie, il se voit contraint de vendre l'appartement qu'habite sa mère. Il part lui annoncer la mauvaise nouvelle, mais celle-ci lui révèle qu'elle a quelques secrets à partager avec lui et que, surtout, elle ne veut absolument pas quitter les lieux.

Les cinéastes argentins, depuis la catastrophique crise économique qui a secoué leur pays, traitent souvent du désarroi financier dans lequel s’est soudainement retrouvée la classe moyenne et de tout ce qui en a découlé. De Fernando Solanas à Pablo Trapero, ils en ont tiré des évocations étonnantes, entre poésie épique, humour noir et mélancolie corrosive. Avec CONVERSATIONS AVEC MA MÈRE, Santiago Carlos Oves aborde (à peine) le sujet avant tout par l’émotion. N’esquissant qu’en toile de fond les enjeux économiques dans lesquels les personnages ont à se dépêtrer, Oves se concentre avant tout sur cette relation mère-fils, tout en s’attardant plus sur les problèmes de ce dernier, en même temps qu’il fait le portrait d’une vielle dame encore toute verte, qui n'a rien perdu de sa pétulance et qui, finalement, semble plus jeune que son rejeton, engoncé dans son conformisme petit-bourgeois.

Une mère et son fils dans la confusion des sentiments et des souvenirs donc. Il leur faut se parler et ils le font en des conversations qui, bien loin des règlements de compte, s’avèreront les liens par lesquels il réapprendront à se connaître. Des conversations mises en scène en des dialogues exquis, pleins de cocasserie, d’humour tendre et de moments touchants entre lesquels les malentendus se dissiperont. Peu à peu, les masques tomberont et les deux monologues finiront par se rejoindre. Jaime est à la dérive. Il se laisse peu à peu prendre au jeu de la vérité et du mensonge, avec une mère fantasque, opiniâtre, étouffante, mais qui, du haut de ses 82 ans, vit intensément une vie que lui ne fait qu’effleurer. Alors, chacun va parler de soi, sans écouter, sans répondre, avant de s’apercevoir que les mots de l’autre sont finalement les leurs, et que, derrière l’apparence, l’image qu’ils se donnent, il y a leur vérité profonde qui importe à l’un pour l’autre. Elle écoute ce qu’elle a envie d’écouter, dit ce qui lui plaît de dire, et de provocations en tendresse, aborde, sans avoir l’air d’y toucher, des non-dits qui rongent son fils depuis l’enfance. Jaime écoute et ouvre les yeux pour se réconcilier avec lui-même et son histoire familiale, pour rendre à sa vie l’émotion et les sentiments qu’il avait depuis longtemps oubliés. Alors peu importe si sa fille préfère être actrice plutôt qu’architecte , et si son fils a moins de talent pour la finance que pour le tango, Jaime finira par réaliser qu’il a le droit d’être heureux en faisant des choix qu’il assumera, après les avoir trop longtemps refoulés.

Du 5 au 11 mars
15h00

Du 12 au 18 mars
13h00

Du 19 au 25 mars
15h00

Du 26 mars au 1 avril
10h00